Quand un salarié prend sa propre voiture pour aller chez un client, se rendre sur un autre site ou faire une livraison, l'employeur doit le rembourser. C'est une obligation légale, pas une faveur. L'indemnité kilométrique couvre le carburant, l'usure des pneus, l'assurance et l'entretien du véhicule. En clair, tout ce qui coûte de l'argent quand on roule pour le boulot. Le trajet domicile-travail, lui, ne donne pas droit à cette indemnité, sauf cas très particuliers comme une mission exceptionnelle qui commence directement depuis le domicile.
Le remboursement se fait sur présentation d'un justificatif. Le salarié doit fournir une note de frais avec le nombre de kilomètres parcourus, la puissance fiscale de son véhicule et le motif du déplacement. L'entreprise peut exiger un relevé kilométrique ou un simple tableau mensuel. Certaines boîtes imposent un logiciel de notes de frais, d'autres acceptent un fichier Excel. L'important est de garder une trace écrite en cas de contrôle fiscal.

Le barème 2026 : comment calculer ce qu'on doit rembourser ?
Le barème kilométrique 2026 est le même qu'en 2024 et 2025. Pas de changement. Il dépend de trois choses : le type de véhicule (voiture, deux-roues, vélo), sa puissance fiscale (les CV inscrits sur la carte grise) et le nombre de kilomètres parcourus dans l'année pour le travail.
Pour les voitures thermiques et hybrides
Le calcul se fait par tranche de kilométrage annuel. Jusqu'à 5 000 km, on multiplie simplement la distance par un coefficient. Entre 5 001 et 20 000 km, on utilise une formule avec une partie fixe. Au-delà de 20 000 km, le coefficient baisse.
| Puissance fiscale | Jusqu'à 5 000 km | 5 001 à 20 000 km | Plus de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | 0,529 €/km | (0,316 x d) + 1 065 € | 0,370 €/km |
| 4 CV | 0,606 €/km | (0,340 x d) + 1 330 € | 0,407 €/km |
| 5 CV | 0,636 €/km | (0,357 x d) + 1 395 € | 0,427 €/km |
| 6 CV | 0,665 €/km | (0,374 x d) + 1 457 € | 0,447 €/km |
| 7 CV et plus | 0,697 €/km | (0,394 x d) + 1 515 € | 0,470 €/km |
Prenons un exemple concret. Un salarié roule 8 000 km par an avec une voiture de 5 CV. Le calcul donne : (0,357 x 8 000) + 1 395 = 2 856 + 1 395 = 4 251 € à rembourser sur l'année. Soit environ 354 € par mois.
Pour les voitures électriques : une majoration de 20 %
Les véhicules électriques bénéficient d'un coup de pouce. On prend le barème thermique et on ajoute 20 %. Cela donne par exemple 0,836 €/km pour un modèle de 7 CV et plus jusqu'à 5 000 km, contre 0,697 €/km pour un thermique équivalent. Une différence qui peut peser si le salarié fait beaucoup de route.
| Puissance fiscale | Jusqu'à 5 000 km | 5 001 à 20 000 km | Plus de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | 0,635 €/km | (0,379 x d) + 1 278 € | 0,444 €/km |
| 4 CV | 0,727 €/km | (0,408 x d) + 1 596 € | 0,488 €/km |
| 5 CV | 0,763 €/km | (0,428 x d) + 1 674 € | 0,512 €/km |
| 6 CV | 0,798 €/km | (0,449 x d) + 1 748 € | 0,536 €/km |
| 7 CV et plus | 0,836 €/km | (0,473 x d) + 1 818 € | 0,564 €/km |
Pour les deux-roues motorisés
Le barème change aussi pour les motos et scooters. Les tranches de kilométrage sont différentes : jusqu'à 3 000 km, de 3 001 à 6 000 km, et au-delà de 6 000 km.
| Puissance fiscale | Jusqu'à 3 000 km | 3 001 à 6 000 km | Plus de 6 000 km |
|---|---|---|---|
| 1 ou 2 CV | 0,395 €/km | (0,099 x d) + 891 € | 0,248 €/km |
| 3 à 5 CV | 0,468 €/km | (0,082 x d) + 1 158 € | 0,275 €/km |
| Plus de 5 CV | 0,606 €/km | (0,079 x d) + 1 583 € | 0,343 €/km |
Les deux-roues électriques aussi ont droit à la majoration de 20 %. Par exemple, un scooter de 1 ou 2 CV électrique passe à 0,474 €/km jusqu'à 3 000 km.
Pour les vélos et vélos électriques
C'est simple : 0,25 € par kilomètre. Pas de tranche, pas de formule. Le plafond annuel d'exonération est de 600 €, ou 900 € si le salarié cumule avec un abonnement de transport en commun. Au-delà, le surplus est considéré comme un avantage en nature et taxé.
Les obligations de l'employeur : justificatifs, délais et fiche de paie
L'employeur ne peut pas payer les IK sans preuve. Le salarié doit fournir un justificatif : une note de frais détaillée, un relevé kilométrique ou une attestation sur l'honneur. Certaines entreprises demandent un justificatif de carte grise pour vérifier la puissance fiscale. C'est légal.
Le remboursement doit apparaître sur la fiche de paie. C'est une obligation. Si l'entreprise ne le fait pas, le salarié peut réclamer les sommes dues, avec intérêts de retard en cas de litige prud'homal.
Côté délais, rien n'est fixé par la loi, mais la plupart des entreprises remboursent en fin de mois ou en début de mois suivant. Un accord collectif peut prévoir des modalités différentes, comme un versement trimestriel.

Exonération de cotisations et d'impôt : les limites à ne pas dépasser
L'avantage principal des IK, c'est l'exonération. Tant qu'on reste dans les limites du barème officiel, les indemnités sont exonérées de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu. Pas de charges patronales, pas d'URSSAF, pas d'impôt pour le salarié.
Mais attention : si l'entreprise paie plus que le barème, la différence est requalifiée en salaire. Elle devient alors soumise aux cotisations et à l'impôt. Exemple : un employeur verse 0,80 €/km pour une voiture de 5 CV alors que le barème plafonne à 0,636 €/km. Le surplus de 0,164 €/km est traité comme un complément de salaire.
En 2026, le barème kilométrique reste inchangé depuis 2024. Les montants maximums exonérés sont donc stables, ce qui simplifie la gestion pour les entreprises.
Un autre point à vérifier : les frais de transport domicile-travail. L'employeur doit rembourser 50 % de l'abonnement de transport en commun (métro, bus, train, tramway, location de vélo). Ce remboursement est aussi exonéré, mais dans la limite de 75 % du coût du titre si l'employeur décide d'aller au-delà des 50 % obligatoires. Les titres à l'unité ne sont pas remboursables, seulement les abonnements.
Les erreurs fréquentes qui coûtent cher à l'entreprise
Première erreur : payer des IK pour les trajets domicile-travail. C'est interdit, sauf exceptions très encadrées (mission exceptionnelle, salarié itinérant sans lieu de travail fixe). En cas de contrôle, l'URSSAF peut requalifier ces sommes en salaire et réclamer les cotisations avec pénalités.
Deuxième erreur : ne pas demander de justificatif. Sans preuve, l'administration fiscale considère que l'indemnité est un complément de salaire déguisé. Résultat : redressement.
Troisième erreur : appliquer le barème des voitures à un deux-roues ou inversement. Les montants ne sont pas les mêmes, et les tranches de kilométrage non plus. Un salarié qui utilise un scooter de 3 CV pour 4 000 km par an doit être remboursé sur la base du barème deux-roues, pas de celui des voitures.
Quatrième erreur : oublier la majoration pour les véhicules électriques. Si un salarié roule en électrique, l'employeur doit appliquer le coefficient 1,2. Beaucoup d'entreprises utilisent encore le barème thermique par habitude, ce qui sous-rembourse le salarié.
Ce qu'il faut retenir pour éviter un redressement
Avant de payer des IK, vérifiez trois choses : le véhicule est bien personnel et utilisé pour une mission professionnelle, le barème appliqué correspond au type et à la puissance fiscale, et le salarié a fourni un justificatif. Si ces conditions sont remplies, l'exonération joue à plein. Sinon, le risque de requalification est réel.
Pour les trajets domicile-travail, n'oubliez pas le remboursement obligatoire des abonnements de transport en commun à 50 %. Et si vous voulez aller plus loin, sachez que le plafond d'exonération peut monter jusqu'à 75 % en 2026, mais seulement si l'employeur le décide et le mentionne sur la fiche de paie.
Enfin, un conseil : tenez un registre des indemnités versées avec les justificatifs associés. En cas de contrôle, vous aurez tout sous la main. Un logiciel de notes de frais peut automatiser cette gestion et réduire les erreurs de calcul. Mais un simple classeur Excel bien tenu fait aussi l'affaire, à condition d'être rigoureux.
