Depuis le 1er janvier 2020, le forfait mobilités durables (FMD) permet aux employeurs de prendre en charge tout ou partie des frais de déplacement domicile-travail de leurs salariés, à condition qu’ils utilisent des moyens de transport alternatifs à la voiture individuelle. Si le dispositif n’est pas obligatoire dans le privé, il est devenu un sujet de discussion récurrent lors des négociations annuelles obligatoires dans les entreprises de plus de 50 salariés. En 2026, le plafond d’exonération passe à 800 euros par an dans le secteur privé, contre 600 euros en 2025. De quoi donner un vrai coup de pouce au pouvoir d’achat des actifs tout en allégeant la facture carbone des trajets quotidiens.

Quels moyens de transport sont éligibles au forfait mobilités durables en 2026 ?

Le FMD couvre une large palette de modes de déplacement, à condition qu’ils soient considérés comme durables ou alternatifs à la voiture individuelle. Sont notamment concernés :

Forfait mobilités durables 2026 : montant, conditions, mise en place
Forfait mobilités durables 2026 : montant, conditions, mise en place
  • le vélo personnel, y compris le vélo électrique ;
  • le covoiturage, que le salarié soit conducteur ou passager ;
  • les engins de déplacement personnels en location ou en libre-service (cyclomoteurs, motocyclettes) ;
  • l’autopartage de véhicules à faibles émissions (électrique, hydrogène, gaz naturel) ;
  • les trottinettes, monoroues, gyropodes, skateboards et hoverboards personnels ;
  • les transports en commun utilisés de manière ponctuelle, c’est-à-dire hors abonnement.

En revanche, certains moyens sont exclus : les véhicules personnels thermiques ou électriques utilisés seuls (voiture, scooter, moto), les taxis et VTC, le train, et la marche à pied. L’idée est d’inciter à partager un véhicule, à pédaler ou à utiliser des services de mobilité partagée, pas de financer la voiture individuelle.

Montant du FMD en 2026 : plafond, exonération et cumul avec l’abonnement transports

Le montant du forfait mobilités durables est librement fixé par l’employeur, mais un plafond d’exonération de charges sociales et d’impôt sur le revenu s’applique. En 2026, ce plafond est porté à 800 euros par an pour le secteur privé, contre 600 euros en 2025. Dans la fonction publique, le plafond reste à 300 euros par an.

Si l’employeur verse à la fois le FMD et prend en charge l’abonnement aux transports en commun (à hauteur de 50 % minimum), le cumul des deux peut atteindre 900 euros par an sans dépasser le plafond d’exonération. Attention : l’abonnement transports est déjà obligatoire pour l’employeur ; le FMD vient en complément, pas en remplacement.

Situation Plafond exonéré 2026
FMD seul (secteur privé) 800 € / an
FMD + abonnement transports (cumul) 900 € / an
FMD (fonction publique) 300 € / an

L’employeur peut choisir de verser un montant inférieur au plafond, voire un montant forfaitaire indépendant des kilomètres parcourus. Il peut aussi moduler le montant en fonction du nombre de trajets réellement effectués avec un mode durable. Aucun montant minimum n’est imposé.

Salariés concernés : CDI, CDD, temps partiel, stagiaires, apprentis

Le FMD s’adresse à tous les salariés, quel que soit leur contrat : CDI, CDD, intérimaires, apprentis, stagiaires. Pour les salariés à temps partiel, une règle de proportionnalité s’applique. Si le salarié travaille plus de 50 % de la durée légale ou conventionnelle, il perçoit le même montant qu’un temps complet. En dessous de ce seuil, le montant est réduit au prorata du nombre d’heures travaillées par rapport à la moitié de la durée légale.

Exemple concret : dans une entreprise où le temps complet est de 35 heures, un salarié qui travaille 7 heures par semaine (20 % du temps complet) perçoit 40 % du montant du FMD versé à un temps complet. Pour un FMD de 800 euros, cela donne 320 euros.

Comment mettre en place le forfait mobilités durables dans l’entreprise ?

La mise en place du FMD n’est pas automatique. Plusieurs voies sont possibles :

  1. Par accord d’entreprise ou de branche : c’est la solution la plus courante. L’accord fixe le montant, les critères d’attribution (par exemple, un montant forfaitaire pour tout salarié utilisant un vélo, ou un montant variable selon le nombre de trajets covoiturés).
  2. Par décision unilatérale de l’employeur : en l’absence d’accord collectif, l’employeur peut instaurer le FMD seul, après avoir consulté le comité social et économique (CSE) s’il existe.
  3. Sous forme de titres-mobilité : l’employeur peut remettre des titres prépayés que le salarié utilise pour payer ses déplacements durables.

Dans les entreprises de plus de 50 salariés, la question de la mobilité durable doit obligatoirement être abordée lors des négociations annuelles obligatoires (NAO). Si aucun accord n’est trouvé, l’employeur peut être contraint d’élaborer un plan de mobilité (PDM) pour les structures de plus de 100 salariés.

Forfait mobilités durables 2026 : montant, conditions, mise en place
Forfait mobilités durables 2026 : montant, conditions, mise en place

Ce que le FMD ne remplace pas : les limites à connaître

Le FMD ne se substitue pas à la prise en charge obligatoire de l’abonnement aux transports en commun. L’employeur doit toujours rembourser au moins 50 % du coût de l’abonnement (carte Navigo, abonnement TER, etc.). Le FMD vient en complément, pour les trajets effectués avec d’autres modes durables.

Autre point à retenir : le FMD n’est pas un droit acquis pour le salarié. Si l’employeur ne le met pas en place, le salarié ne peut pas l’exiger, sauf si un accord collectif ou une décision unilatérale l’a instauré. Dans la fonction publique d’État et hospitalière, en revanche, le FMD est obligatoire depuis 2020.

Enfin, le montant versé n’est pas plafonné en soi, mais tout dépassement du plafond d’exonération (800 euros en 2026) est soumis à cotisations sociales et à impôt sur le revenu. L’employeur a donc intérêt à respecter ce seuil pour que le dispositif reste attractif pour les deux parties.

Forfait mobilités durables et prime carburant : attention au cumul

L’employeur peut également verser une prime carburant ou une prime pour l’alimentation de véhicules électriques, hybrides rechargeables ou hydrogène. Mais attention : le cumul avec le FMD est possible, mais les deux dispositifs ont des plafonds distincts. La prime carburant est exonérée jusqu’à 200 euros par an (ou 400 euros pour les véhicules électriques), tandis que le FMD a son propre plafond. Il ne faut pas confondre les deux.

Pour éviter les erreurs, l’idéal est de formaliser dans un accord d’entreprise les conditions de cumul et les justificatifs demandés au salarié (attestation sur l’honneur, relevé de trajets, facture d’abonnement à un service de covoiturage, etc.).

Ce qu’il faut retenir pour 2026 : une opportunité à saisir sans attendre

Le passage du plafond de 600 à 800 euros dans le privé rend le FMD plus intéressant pour les salariés qui utilisent déjà le vélo, le covoiturage ou les transports en commun de façon ponctuelle. Pour l’employeur, c’est un levier simple pour réduire l’empreinte carbone des trajets domicile-travail tout en offrant un avantage social défiscalisé.

Mais attention : sans accord collectif ou décision unilatérale, le dispositif reste lettre morte. Les entreprises qui ne l’ont pas encore mis en place ont tout intérêt à lancer une réflexion dès 2026, d’autant que les NAO imposent d’en discuter. Pour les salariés, le message est clair : si votre employeur ne propose pas le FMD, vous pouvez lui demander d’ouvrir la discussion, surtout si vous utilisez déjà un mode de transport durable pour venir au travail.

Enfin, gardez en tête que le FMD n’est pas une fin en soi. Il s’inscrit dans une politique plus large de mobilité durable, qui peut inclure un plan de mobilité, des places de stationnement vélo sécurisées, ou encore des bornes de recharge électrique. Le forfait n’est qu’un outil parmi d’autres, mais il a le mérite d’être simple à mettre en œuvre et immédiatement visible pour les salariés.